Date : 22-05-2007

Après les promesses, des gestes concrets!

En février dernier, au lendemain du dépôt d’un budget qui a profondément déçu l’ensemble des artistes et travailleurs culturels québécois, le Premier Ministre Jean Charest a dissous l’Assemblée nationale et déclenché la campagne électorale qui a pris fin le 26 mars avec les résultats que l’on sait. Appelés aux urnes, les citoyens du Québec ont choisi de porter à nouveau au pouvoir le Parti Libéral mais, histoire de bien marquer leur insatisfaction générale, ne lui ont confié qu’un mandat de gouvernement minoritaire.

Dans les semaines précédant les élections, le Mouvement pour les arts et les lettres avait rencontré des représentants des principales formations politiques québécoises, pour leur faire part de ses attentes quant au sous-financement des arts et des lettres par les administrations provinciales, un sous-financement qui a affligé de manière chronique les artistes, travailleurs et organismes culturels ces dernières années. Le Mouvement espérait faire du soutien public de la culture et de ses institutions (que M. Charest lui-même avait identifié comme «l’une des cinq missions essentielles de l’État») sinon un enjeu électoral, au moins un sujet de débat qui permettrait de dégager la vision de chaque parti en la matière.
 
Tout au long des trente-trois jours de la campagne, de nombreuses voix issues de la communauté artistique se sont jointes à celle du Mouvement pour les arts et les lettres qui déplorait la pauvreté du discours de nos leaders politiques sur la question à notre avis essentiel de l’avenir de la culture québécoise et des responsabilités étatiques à son égard. Mais à force de réclamer aux formations politiques qui sollicitaient l’appui de la population qu’elles dévoilent leur intention à cet égard, le Mouvement et ses alliés ont fini par les obliger à prendre des engagements fermes et chiffrés.
 
Rappelons notamment ceux des trois principaux partis : advenant son élection, l’Action Démocratique a promis de porter à la hauteur des réclamations du Mouvement le budget annuel du Conseil des Arts et des Lettres du Québec pour ensuite le bonifier de manière récurrente; le Parti Québécois a pour sa part proposé une augmentation de 30 millions $ étalée sur trois ans pour le CALQ; le Parti Libéral, quant à lui, s’est montré plutôt avare d’engagements sur cette question, nous renvoyant au budget timide déposé à la veille du déclenchement de l’élection.
 
À la lumière du bilan mitigé de leur quatre années au pouvoir, il semblerait qu’après avoir promis, dans leur programme électoral de 2003, de transformer de rempart à tremplin le soutien de l’état aux arts et lettres, les Libéraux aient oublié que pour qu’un tremplin soit digne du nom, il doit permettre de sauter ailleurs que dans une piscine presque vide.
L’heure des comptes
 
À l’instar du reste de la population québécoise, l’ensemble des artistes et travailleurs culturels de toutes les régions du Québec ont pris acte des propositions et promesses des divers partis. Et à la veille du dépôt par le gouvernement libéral minoritaire de d’un budget réviser, le Mouvement pour les Arts et les lettres se permet de rafraîchir la mémoire aux représentants de l’Action Démocratique et du Parti Québécois, qui forment désormais en Chambre une opposition majoritaire, en ce qui concerne leurs engagements en matière de financement public des arts et des lettres. Après les belles promesses, des gestes concrets s’il vous plaît!
 
D’un même souffle, le Mouvement pour les arts et les lettres souhaite rappeler au Premier Ministre Charest les propos qu’il a lui-même tenus lors de son discours inaugural du 9 mai dernier, propos que tout le milieu artistique et culturel québécois n’a pas manqué de retenir : « Nous allons aussi continuer de soutenir nos artistes et ceux qui diffusent leurs œuvres. C’est notre identité. Notre renommée. C’est aussi une inspiration. Je souhaite que cet esprit conquérant, celui de notre cirque, de notre cinéma, de notre chanson se transpose dans toutes nos entreprises. Je veux que la force créatrice du Québec devienne notre plus grand levier de croissance ». Après les beaux discours, des gestes concrets s’il vous plaît!
 
Les revendications du Mouvement sont connues : les artistes et travailleurs culturels qu’il représente réclament l’augmentation récurrente du budget du Conseil des arts et lettres du Québec à la hauteur des exigences de sa mission et des besoins minimaux de l’ensemble du milieu des arts et des lettres : 90 millions $ par année.
 
Encore une fois, nous adressons notre sempiternelle question à la faune politique : cet engagement politique ferme à l’égard d’un financement adéquat et constant de la culture d’ici, c’est pour bientôt ?
 
Stanley Péan
Au nom du Mouvement pour les arts et les lettres
 
 
Le Mouvement pour les arts et les lettres regroupe huit organisations nationales et treize conseils régionaux de la culture du secteur des arts et des lettres, qui représentent près de 14 000 artistes professionnels, écrivains et travailleurs culturels. Le Mouvement est constitué du Conseil québécois du théâtre, du Conseil québécois de la musique, du Conseil des métiers d’art du Québec, du Conseil québécois des arts médiatiques, du Regroupement québécois de la danse, de l’Union des écrivaines et écrivains québécois, du Regroupement des centres d’artistes autogérés du Québec, de En piste – le regroupement national des arts du cirque – ainsi que des conseils régionaux de la culture de l’Estrie, de l’Abitibi-Témiscamingue, de la Montérégie, du Saguenay, de la Mauricie, du Centre du Québec, de l’Outaouais, des Laurentides, de Lanaudière, du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord, de la Gaspésie et de la région de Québec-Chaudières-Appalaches.
 
Source :
Mouvement pour les arts et les lettres
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